Recherche sur le cancer : une nouvelle chaire académique, unique en France

Les recherches en sciences humaines et sociales sur le cancer sont essentielles pour améliorer la prise en charge des patients atteints par des tumeurs. Une chaire sur ce sujet, inédite en France, a donc été confiée à l’Université de Lille. Son titulaire, le professeur Yori Gidron, vient d’être recruté.

Pour une meilleure efficacité des traitements et des actions de prévention, la recherche sur le cancer a besoin de considérer les patients dans toutes leurs dimensions : bien-être, qualité de vie, communication avec les soignants, alimentation, maintien d’une activité physique, vieillissement, etc. Voilà pourquoi l’Institut national du cancer (INCa) a décidé de créer une chaire universitaire en sciences humaines et sociales. Car de nombreux chercheuses et chercheurs dans ces disciplines travaillent sur ces questions et apportent un regard complémentaire à celui des professionnels de santé. C’est le cas tout particulièrement dans la métropole lilloise, et c’est pourquoi l’INCa a choisi de confier cette chaire à l’Université de Lille.

Son titulaire vient d’être recruté. Il s’agit du professeur Yori Gidron. Formé en Israël puis au Canada, Yori Gidron a travaillé à l’université Ben Gourion (Israël) et a notamment enseigné au Portugal, aux Pays-Bas, en France et au Royaume-Uni. Il est aujourd’hui professeur à l’université libre néerlandophone de Bruxelles (VUB), en médecine comportementale. Il anime la recherche et l’enseignement de cette discipline qui intègre les facteurs sociaux, psychologiques et cognitifs dans l’étude des pathologies. Il a travaillé notamment sur l’agressivité chez les patients cardiaques, a formé des psychologues lors de catastrophes humanitaires (séismes, bombardements, etc.)

Au cours de sa chaire, Yori Gidron compte notamment s’intéresser au rôle du plus étendu des douze nerfs reliés au cerveau, le nerf vague. Avec d’autres chercheurs, il a montré que l’activité de ce nerf jouait un rôle dans la prédiction de l’issue du cancer (son pronostic), indépendamment des autres causes. L’équipe va désormais lancer des essais cliniques pour savoir si l’activation du nerf permettra effectivement d’améliorer la rémission et la survie des patients.

Il s’intéressera également à la psychologie de l’inoculation. Cette théorie est basée sur l’idée qu’il est possible de «prémunir » les patients contre certaines pratiques, comme l’envie de fumer ou de trop s’exposer au soleil, facteurs de risque de cancer.

Il analysera enfin le vécu des épisodes de cancer par les patients et leurs proches. Pour éviter que des émotions très fortes n’entraînent de stress post-traumatique, il s’intéressera à une méthode où patients et proches travaillent avec des thérapeutes pour bien structurer chronologiquement leurs souvenirs, souvent fragmentaires. Une respiration particulière stimulant le nerf vague semble également avoir un effet bénéfique.

2016-12-14T15:27:16+00:00